De la Chine à la Belgique : Regards de missionnaires jésuites aux XVIIe et XVIIIe siècles
Informations pratiques
Exposition accessible gratuitement
- du 13 novembre 2009 au 13 février 2010
- du lundi au jeudi de 9h à 20h, le vendredi de 9h à 17h et le samedi de 9h à 13h
- fermé le 2/12 et du 23/12/2009 au 3/01/2010
Réalisée en partenariat avec
- le Musée de Groesbeeck-de Croix
- la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin,
- la Bibliothèque du Centre de documentation et de recherche religieuses
- et le département d’Histoire de la faculté de Philosophie et lettres.
Cette exposition s’inscrit dans le cadre du Colloque international « De la Belgique à la Chine » (12-13-14 nov. 2009) et du Festival biennal des arts et de la culture Europalia-China.
Contenu
Centrée autour - mais pas uniquement - de l’oeuvre d’Antoine Thomas, l’exposition met à l’honneur les collections de livres anciens de la BUMP et de la bibliothèque du CDRR. C’est à un parcours à travers la perception de la Chine en Europe (cartographie, échanges culturels, altérité chinoise…) et à travers les publications de nombreux jésuites missionnaires en Chine que vous êtes conviés.
Antoine Thomas : Vie & Oeuvre,
A. Thomas (1644-1709), dont on fête cette année le tricentenaire de la mort, est un jésuite d’origine namuroise, missionnaire en Chine. Après une formation en Belgique, en France, au Portugal et un passage au Siam (Thaïlande), il devient un des quatre « Pères de la Cour » de l’empereur K’ang-Hi et vice-président de l’Observatoire impérial de Pékin. Successeur de Ferdinand Verbiest, il s’illustre dans des domaines tels que l’astronomie, les mathématiques, la cartographie et laisse une oeuvre abondante tant scientifique qu’épistolaire. Il joue un rôle de premier plan dans les relations belgo-chinoises - et plus largement européano-chinoises - au XVIIe s. et au début du XVIIIe s.
Connaître la Chine : Cartes & atlas
Au cours du XVIe s., l’Europe se décloisonne et se lance dans de grandes explorations intercontinentales. L’historien P. Chaunu qualifie ce mouvement d’expansion de « dilatation planétaire de l’Occident latin ». À partir de cette époque, la cartographie européenne, jusque-là un peu à la traîne, va faire de grands progrès. Des cartographes de nos régions, les Pays-Bas, tels que G. MERCATOR (°1512-†1594) ou J. BLAEU (°1598- †1673), réalisent de remarquables cartes de l’Imperii Sinarum (Empire des Chinois). Les bibliothèques des FUNDP possèdent un exemplaire de ces belles réalisations des XVIe et XVIIe s.
La découverte de l’autre : Culture chinoise
À la fin du XVIe s., les jésuites pénètrent en Chine en vue d’évangéliser. Ils découvrent l’ancienneté de cette civilisation. S’établit alors entre la Chine et l’ Europe une importante correspondance. Les missionnaires y décrivent les différents aspects de cette culture : littérature, philosophie, histoire, sciences, arts, etc.
Nicolas Trigault (°1577- †1628) joue un rôle pionnier. Son Histoire de l’expédition chrétienne au royaume de la Chine, basée sur les Mémoires écrits par Ricci (°1552-†1610), ouvre le monde chinois à l’Europe. Au cours du XVIIe s., d’autres jésuites poursuivront ce travail.
Le XVIIIe s. sera friand de ces publications : verront le jour les Lettres édifiantes et curieuses et les Mémoires concernant les Chinois.
Le goût des chinoiseries : Porcelaine
Aux XVIIe et XVIIIe s., les échanges culturels et commerciaux se multiplient entre l’Europe et l’Orient. Cette rencontre avec la Chine influence les modes européennes qui adoptent les formes, les motifs, les objets en provenance de ces contrées lointaines : c’est la vogue des chinoiseries qui caractérise l’Europe du XVIIIe.
La porcelaine chinoise, surtout, fascine les Occidentaux. Dans ce contexte d’importation massive de produits venant de Chine, Namur commande des plats et assiettes en porcelaine, frappés aux armes du Comté.
Inspirés par cette vogue, les artistes et industriels de nos régions proposent des oeuvres à motifs chinois. C’est le cas, notamment , des faïenceries d’Andenne aux XVIIIe et XIXe s.
Les deux pièces présentées sont issues des collections des « Amis de l’Hôtel de Croix » et aimablement prêtées pour l’exposition.
Controverse Europe-Chine : Querelle des rites chinois
La question des rites chinois trouve son origine aux premiers temps de l’évangélisation à l’époque moderne. L’Europe chrétienne est remise en question par sa rencontre avec une culture plus ancienne qu’elle. Le jésuite M. Ricci élabore une méthode d’adaptation culturelle du discours chrétien sur la base du confucianisme. Dans son approche, deux questions vont faire l’objet de difficultés: le nom de Dieu en chinois et les rites confucéens reconnus comme civils. C’est à partir de 1643 que le débat est porté à Rome et tourne en querelle. Durant plus d’un siècle, il va impliquer papes, rois, empereurs de Chine, théologiens et philosophes dans une polémique passionnée. En 1742, Benoît XIV condamne les rites chinois. Ce n’est qu’en 1939 que Pie XII annule la décision de 1742.
Création : janvier 2010 (V. de Bergeyck)
