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Découverte du mécanisme digestif

René-Antoine Ferchault de Réaumur
1683-1757

Réaumur
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Bio2001
 Introduction  Biographie  Expérimentation  Le saviez-vous ?  Bibliographie 


Biographie

Né à la Rochelle en 1683, Réaumur étudie le droit à Poitiers et à Bourges avant de venir à Paris où il se consacre aux sciences. Ses travaux lui valent d’être élu en 1708 à l’Académie des sciences, qui le charge de la direction de la collection « Description des divers arts et métiers ». Il y écrit de nombreux articles dont L’Art de convertir le fer forgé en acier (1722), qui amène la France à fabriquer ce métal qu’elle importait jusqu’alors. Il démontre le premier que l’acier contient du carbone. Par ses découvertes, Réaumur est sans doute le fondateur de la sidérurgie scientifique.

Il étudie et fait progresser l’histoire naturelle, la biologie (il invente l’incubation artificielle des oeufs), la physique (le thermomètre à alcool) et s’intéresse à de nombreuses disciplines différentes (l’art du verrier, le fil d’araignée, la nacre, la porcelaine, etc.). En 1724, il se lance dans la métallographie. Mais c’est surtout un grand entomologiste. De 1737 à 1748, il publie les douze tomes des Mémoires pour servir à l’histoire des insectes.

En 1752, il étudie l’influence du suc gastrique dans la digestion et permet des avancées dans ce domaine. Il est l’un des pionniers de la génétique avec ses recherches sur l’hybridation qui sont à la base des travaux que Mendel entreprendra près d’un siècle plus tard.

En 1757, il meurt à l’âge de soixante-quatorze ans, alors qu’il est encore en pleine activité.


Réaumur s'attaqua au problème de la digestion car il ne croyait pas aux théories en cours à l'époque. Il utilisa d'abord un rapace apprivoisé comme animal de laboratoire. Les rapaces ont la particularité de rejeter sous forme de pelote les parties de leurs proies qu'ils ne digèrent pas (plumes, poils, os etc.). Mettant à profit cette caractéristique, il fit avaler à son oiseau des tubes métalliques contenant de la viande. Après rejet du tube, il constata que la viande avait en partie disparu sans aucune putréfaction et à l'abri de tout broyage mécanique dans son tube. Il eut alors l'idée de remplacer la viande par une éponge afin de récupérer le liquide contenu dans l'estomac (le suc gastrique) et vérifia que ce liquide était capable de dissoudre la viande, quoiqu'assez peu efficacement. La digestion apparaissait donc comme un phénomène chimique.

Lazzaro Spallanzani (1729-1799), abbé et professeur d'histoire naturelle à l'université de Pavie, reprend les travaux de Réaumur en améliorant les conditions expérimentales. De façon à reproduire des conditions proches de celles régnant à l'intérieur de l'organisme, il place des tubes contenant un mélange de viande et de suc gastrique sous ses aisselles et les y maintient pendant trois jours ! Il montre ainsi que la digestion s'effectue plus vite à la température du corps qu'à température ambiante. Il refait la même expérience en prélevant directement le suc gastrique après dissection de l'estomac d'oiseaux. La digestion étant réalisée in vitro sans aucune intervention mécanique de l'estomac, il en déduit qu'il s'agit essentiellement d'un phénomène chimique. Enfin, voulant démontrer que la digestion obéit aux mêmes règles chez l'homme et chez l'animal, il entreprend d'expérimenter sur lui-même : il commence par avaler de petits tubes de bois percés de trous et remplis de viande. Il les récupère dans ses selles et retrouve le contenu des tubes digéré. Toutefois, il ne parvient pas à se faire vomir pour récupérer des tubes d'expérience qu'il a avalés et il doit concéder avec dépit que son dégoût est plus fort que sa curiosité scientifique.

En 1822, un accident devait faire progresser les connaissances sur la digestion : Alexis Saint-Martin, un trappeur canadien, reçut un coup de fusil au ventre alors qu'il se trouvait dans l'île Mackinac sur le lac Huron. La blessure était si grave que l'estomac dépassait de la plaie et laissait échapper de la nourriture par une perforation. Le médecin se déclara impuissant à le sauver. Incroyablement, Saint-Martin survécut et la plaie cicatrisa par soudure des bords du trou de l'estomac avec ceux du trou de la peau formant une fistule (communication artificielle). Le contenu de l'estomac pouvait ainsi être vu directement à travers la fistule.

William Beaumont, médecin américain, bien qu'il n'eût jamais fait d'études de médecine, avait obtenu un poste de chirurgien militaire car il avait été apprenti chez un médecin. Il recueillit Alexis et le fit travailler à son service. Au bout de quelques années, il réalisa qu'Alexis était un formidable sujet d'expériences : on pouvait observer directement ce qui se passait dans l'estomac, recueillir du suc gastrique, y placer des aliments... Beaumont entreprit alors une série d'expériences au grand dam de son sujet. Ce dernier n'appréciait guère qu'on aille fouiller dans son estomac et s'enfuit deux fois. Beaumont réussit finalement à le retrouver et à le faire enrôler dans l'armée pour l'avoir sous ses ordres. Beaumont mena de très nombreuses expériences aussi bien in vivo, dans l'estomac d'Alexis, qu'in vitro avec le suc gastrique recueilli par la fistule. Il étudia la durée de digestion de divers aliments, montra la présence d'acide chlorhydrique dans l'estomac, confirma que la dégradation des aliments dans l'estomac est un processus chimique. Il publia ses travaux dans une série de notes et écrivit un livre sur le suc gastrique. Il fut sans doute le premier grand physiologiste américain. C'est Claude Bernard (1813-1878), qui compléta ces travaux en montrant que la digestion ne se limite pas à l'estomac mais continue dans l'intestin.


Le saviez vous ?

 


Oeuvres

  • L’Art de convertir le fer forgé en acier (1722)
  • Mémoires pour servir à l’histoire des insectes (1737-1748)

 

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