Historique
Le Centre interdisciplinaire Droits fondamentaux & Lien social a 20 ans !
Le 16 mars 1984, la Faculté de Droit de Namur organisait un colloque consacré aux droits des citoyens les plus démunis. Plus de 500 personnes y ont pris part pour se pencher sur l’accès au travail et aux revenus, le logement et l’endettement, l’accès à la justice et l’aide à la jeunesse. La même année, le recteur Jacques Berleur évoquait dans son premier discours de rentrée une nouvelle responsabilité des universitaires en temps de crise.
Le contexte était donc favorable pour lancer, au sein de la Faculté de Droit de Namur, un projet, appelé alors l’écart entre le droit et les pauvres (1986-1988) qui aurait pour objectif de mesurer les dysfonctionnements du droit à l’égard des populations marginalisées. Les deux premières chercheuses furent engagées dans ce projet en janvier et mars 1986.
Au départ, les travaux ont porté sur l’aide fournie par les CPAS. Une recherche commanditée par le Ministère de l’Emancipation sociale nous fut confiée pour évaluer l’ouverture aux bénéficiaires du minimum de moyens d’existence des programmes prévus pour résorber le chômage. Cette étude nous a permis à la fois d’engager un sociologue et de mesurer le besoin d’information des travailleurs sociaux sur les formules prévues par les pouvoirs publics pour promouvoir l’emploi et la formation. Par ailleurs, le Centre interuniversitaire de Philosophie du Droit nous permettait d’engager un chercheur sur le thème Droit et pouvoir. Ainsi commençaient à se dessiner les contours de notre jeune Centre : sur le fond, travailler les matières où se joue une meilleure intégration des populations marginalisées ; sur la méthode, rapporter l’étude du droit, d’une part aux forces présentes dans le champ social, grâce à l’analyse sociologique, d’autre part aux valeurs qui l’inspirent, grâce à la réflexion philosophique.
En s’étoffant de chercheurs formés en droit, sociologie, criminologie, économie, et philosophie, l’équipe du Centre, alors nommé Droit et sécurité d’existence, a continué certes à couvrir les champs principaux de l’aide fournie par les CPAS (aide sociale et minimum de moyens d’existence) et de l’accès au travail mais elle y a ajouté plusieurs autres matières : les soins de santé, le placement d’enfants, l’accès à la justice, le statut de l’étranger, la définition du réfugié, la précarité du logement. Parallèlement, le Centre s’attelait à des questions plus théoriques telles que la définition de la pauvreté, la finalité du travail social ou les théories de la justice.
Appelé une nouvelle fois à changer de nom pour mieux correspondre à l’ampleur de son objet, le Centre interdisciplinaire s’est appelé, en 1996, Droits fondamentaux & Lien social. Les chercheurs ont alors exploré aussi les questions de droit international pénal, en particulier la répression des crimes contre l’humanité, matière qui fait l’objet aujourd’hui d’un Centre de recherche distinct.
En
vingt ans, l’équipe du Centre aura animé quantité de séminaires d’enseignement
et de formation continuée et rédigé de nombreux rapports et articles. La
réflexion menée en son sein aura suscité quatre thèses de doctorat :
Pierre Boitte (à l’UCL, Santé publique) sur l’allocation des ressources en
soins de santé pour une population vieillissante ; Isabelle Ravier (à l’UCL,
criminologie) sur les rapports familiaux des enfants placés ; Thierry Moreau (à l’UCL, Droit) sur le
droit de la jeunesse : aide, assistance, protection, et Nicolas Bernard
(aux FUSL, Droit) sur le droit de propriété en matière de logement.
Jacques Fierens et Xavier Dijon ont collaboré aux travaux du Girep (Groupe
interuniversitaire Recherche et pauvreté) sur le croisement des savoirs.
D’autres collaborations sont nouées avec le Mouvement ATD Quart Monde, le
Cerisis (Louvain-la-Neuve), la
Fondation roi Baudouin, le Forem, xxx
Plusieurs ouvrages ont été rédigés par Myriam Bodart, Ivan Dechamps, Martine van Ruymbeke et Philippe Versailles, sur le minimum de moyens d’existence, l’aide sociale et le revenu d’intégration sociale. Myriam Bodart et Marie-Paule Dellisse tiennent à jour le site Promotion Emploi Formation (www.pef.be) qui explique, textes à l’appui, la complexe législation des formules d’aide à l’emploi et à la formation.
L’année 2006 qui correspond au 20ème anniversaire des débuts du Centre est aussi l’année durant laquelle la troisième année du grade de bachelier en droit est organisée à Namur. Dans le programme de Bac 3, l’attribution du cours de droit social à Xavier Dijon, directeur du Centre Droits fondamentaux et Lien social, donne au Centre une nouvelle impulsion à ses recherches actuelles en matière d’accès au travail et au revenu. Pour fêter son 20ème anniversaire (en même temps que les 175 ans des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix), le Centre publiera un ouvrage et organisera un colloque sur le thème du contrat dans le travail social.
